L’année 2026 aura été marquée par une volatilité extrême sur les marchés de l’or et de l’argent, deux des métaux précieux les plus suivis par les investisseurs et les institutions financières. Après un début d’année en fanfare où les prix ont atteint des sommets historiques, ces marchés ont soudainement basculé à la fin du mois de janvier, dans un mouvement qui a surpris de nombreux analystes et opérateurs.
En janvier, l’or et l’argent ont connu une forte hausse de leurs cours, portée par une combinaison de facteurs géopolitiques et économiques. Les inquiétudes suscitées par les tensions internationales, notamment au Moyen-Orient, et les discussions autour d’une possible baisse des taux d’intérêt aux États-Unis ont poussé de nombreux investisseurs vers ces actifs traditionnels dits “refuges”. Ce terme désigne des placements considérés comme sûrs lorsque l’incertitude règne sur les marchés financiers ou que les devises (comme le dollar américain) sont perçues comme faibles. Dans ce contexte, l’once d’or a brièvement frôlé des niveaux records, tout comme l’once d’argent, soulignant l’ampleur de l’appétit des marchés pour ces valeurs sûres.
Toutefois, cet élan haussier a été brusquement interrompu le 30 janvier 2026. Ce jour-là, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé sa décision de nommer Kevin Warsh comme prochain président de la Réserve fédérale américaine (Fed), l’institution chargée de définir la politique monétaire du pays. Cette annonce s’est immédiatement répercutée sur les marchés des métaux précieux : les cours de l’or ont chuté de plus de 10 % en une seule séance, tandis que ceux de l’argent ont plongé d’environ 30 %, dans ce que certains commentateurs ont qualifié de plus forte baisse depuis plusieurs décennies.
Ce renversement s’explique en grande partie par la manière dont les marchés ont interprété la nomination de Kevin Warsh. Alors que le rallye des semaines précédentes reposait en partie sur l’idée qu’une politique monétaire plus accommodante pourrait soutenir les métaux précieux, l’arrivée de Warsh a été perçue comme susceptible de réduire cette probabilité. Les taux d’intérêt déterminés par la Fed influencent directement le coût de l’argent dans l’économie : plus les taux sont bas, moins il est coûteux d’emprunter, ce qui tend à rendre les actifs sans rendement comme l’or et l’argent plus attractifs. À l’inverse, l’anticipation d’une politique monétaire plus stricte ou d’un maintien des taux a rapidement fait baisser l’attrait de ces métaux.
Un autre facteur qui a accentué ce mouvement est le renforcement du dollar américain immédiatement après l’annonce. Comme l’or et l’argent sont généralement cotés en dollars, un dollar plus fort rend ces métaux plus chers pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui tend à réduire la demande et à faire baisser les prix.
Au final, après avoir atteint des niveaux exceptionnels en début d’année sous l’effet de la combinaison de tensions géopolitiques, d’anticipations de politique monétaire accommodante et d’un dollar affaibli, les prix de l’or et de l’argent ont subi une correction spectaculaire avec la perspective d’un changement majeur à la tête de la Fed.
Ce retournement met en lumière à quel point les marchés financiers peuvent être sensibles aux décisions politiques et aux anticipations des acteurs économiques, surtout lorsqu’il s’agit d’actifs jugés traditionnels en période de risque.
Recherche et Rédaction : A.H

