Après plusieurs années de stress hydrique, la première semaine de janvier 2026 a été marquée par un retour massif des précipitations sur l’ensemble du Royaume. Si ces pluies représentent un soulagement pour l’agriculture, le passage de la tempête « Francis » a également causé d’importants dégâts matériels et des perturbations dans plusieurs provinces.
Des précipitations records dans le Sud et sur l’Atlantique
Dès les premières heures de l’année, le Maroc a été balayé par une dépression venant de l’Atlantique. Les régions du Souss-Massa, de Chiachaoua et d’Essaouira ont enregistré des cumuls de pluie exceptionnels, dépassant parfois 120 mm en quarante-huit heures.
Ces pluies diluviennes ont provoqué des crues soudaines de plusieurs oueds. À Agadir et Taroudant, les autorités ont été contraintes de suspendre temporairement les cours dans les écoles rurales par mesure de sécurité. Bien que nécessaires pour les nappes phréatiques, ces eaux ont endommagé plusieurs infrastructures routières et quelques habitations anciennes dans les médinas.
Le retour de la neige : Un défi pour les zones montagneuses
Les reliefs du Haut et du Moyen Atlas n’ont pas été en reste. À partir de 1 600 mètres d’altitude, la neige est tombée en abondance, atteignant 40 à 60 cm dans les provinces d’Azilal, Ifrane et Midelt.
En terme de circulation, plusieurs routes nationales et régionales ont été coupées, mobilisant les équipes de déneigement du ministère de l’Équipement pour désenclaver les douars isolés.
Pourtant, les stations touristiques comme Oukaïmeden et Michlifen connaissent une affluence record, marquant un début de saison touristique hivernale très prometteur.
Barrages : Une amélioration significative des réserves
Le point le plus positif de cette semaine concerne nos réserves en eau. Le taux de remplissage global des barrages a fait un bond encourageant, atteignant 43,9 % au niveau national au 6 janvier.
Au total, les réserves dépassent désormais les 7,1 milliards de mètres cubes, offrant une bouffée d’oxygène pour la sécurité alimentaire du pays.
Entre soulagement agricole et vigilance
Pour les agriculteurs du Souss et du Gharb, ces pluies sont une « bénédiction du ciel » qui garantit, pour l’instant, une campagne agricole prometteuse. Cependant, le climatologue Mohamed Said Karrouk avertit : « Ce phénomène extrême est le signe du dérèglement climatique. Nous passons de cycles de sécheresse extrême à des épisodes de « gouttes froides » d’une violence rare. »
Alors que la tempête s’évacue vers l’Est, le pays panse ses plaies et compte ses mètres cubes d’eau, espérant que cette générosité climatique de début d’année se stabilisera pour assurer une sécurité hydrique durable.
Recherche et Rédaction: AFELLA HAJAR


Un article clair et bien structuré, qui analyse avec justesse les impacts contrastés des récentes précipitations au Maroc, entre soulagement hydrique et nécessité de vigilance face aux effets du dérèglement climatique. Bien écrit, Hajar.